Archivos generales de Indias : L’art de préserver la mémoire

En Espagne, Séville ouvre les Archives générales des Indes : cinq siècles d’histoire révélés au grand public.

L’exposition explore la notion d’archives en général, et celle des Archives générales des Indes en particulier. Pour ce faire, elle retrace leur histoire depuis leur création en 1785 jusqu’à nos jours, à travers la reconstitution de décors et la présentation de précieux documents originaux et de fac-similés, tels que le Traité de Tordesillas, ainsi que d’autres biens culturels, comme le portrait de Charles IV réalisé par Goya.

Sic vos non vobis —« ainsi vous, et non pour vous » —, cet épigramme latin attribué à Virgile et devise du Corps professionnel des archivistes, bibliothécaires et archéologues exprime avec justesse l’essence même du travail d’archiviste : une tâche accomplie au service de la société.

Ce fait constitue le point de départ et la principale motivation de l’exposition, dont l’objectif est d’offrir une approche claire et compréhensible de l’archivistique, en expliquant ce qu’est une archive, quelle est sa fonction et en quoi consiste le travail qui y est mené. Pour ce faire, l’exposition s’articule autour de l’Archivo General de Indias, institution de référence au niveau national et international et, en même temps, bâtiment emblématique de la ville de Séville, profondément lié à son histoire. Il s’agit d’un joyau architectural intégré au paysage urbain qui, malgré sa notoriété, reste peu connu en ce qui concerne les fonds qu’il abrite, sa finalité et le travail qui s’y déroule.

C’est pourquoi, à travers une sélection documentaire rigoureuse issue des fonds conservés aux Archives générales des Indes, l’exposition vise à faire découvrir au public le monde des archives en général et celui de cette institution en particulier.

Le parcours de l’exposition s’articule autour de quatre thèmes :

Dans le premier espace, grâce à la reconstitution des lieux de travail de l’Archive générale des Indes au fil de son histoire, le visiteur pourra découvrir des aspects essentiels tels que la raison pour laquelle les documents sont conservés, leur valeur, le travail accompli par les archivistes depuis la création de cette institution – qui nous est encore très utile aujourd’hui – ainsi que l’impact qu’a eu l’arrivée des nouvelles technologies au XXe siècle sur les archives.

Le deuxième espace est consacré aux Archives générales des Indes, où est présentée une sélection de documents représentatifs des principaux fonds conservés, qui permettent de comprendre les fonctions et les caractéristiques des institutions qui les ont produits. Parmi ces documents, on trouve notamment un registre d’embarquement signé par le sculpteur Martínez Montañés lui-même ou le décret royal créant la première chaire de navigation et de cosmographie à la Casa de la Contratación, dont la fonction était de former les pilotes qui se rendraient aux Indes. En outre, l’exposition analyse les raisons de la création de ces archives, le choix de Séville comme siège, ainsi que l’adaptation de l’ancienne Lonja en dépôt documentaire, travaux réalisés par l’architecte du XVIIIe siècle Lucas Cintora. À travers des gravures et des plans historiques du bâtiment, nous pourrons comparer ces interventions architecturales. Une bande dessinée réalisée à partir de documents originaux des archives retrace le transfert des premiers caissons remplis de papiers de Simancas à Séville. Cette section s’achève avec les Ordonnances de l’Archive générale des Indes promulguées en 1790, un patrimoine documentaire présenté dans cette exposition et accompagné d’un portrait de Charles IV réalisé par Francisco de Goya.

Traité de Tordesillas, Setúbal (Portugal), 5 septembre 1494. EFE / Jose Manuel Vidal

Dans la section suivante, on découvre le travail mené à l’Archive générale des Indes, en distinguant les trois grands départements qui structurent le travail d’archivage. La reconstitution des postes de travail actuels des Archives permet de comprendre l’importance du classement et de la description des documents pour rendre l’information accessible, le travail de conservation des documents par la numérisation et la restauration, l’espace où passent des centaines de chercheurs pour consulter la documentation, ainsi que le travail de diffusion réalisé par les archives. De plus, à travers des photographies historiques, on peut apprécier l’évolution du travail réalisé par les techniciens et des espaces des archives au fil du temps. Le Portail des archives espagnoles revêt une importance particulière dans ce domaine ; il s’agit d’une plateforme web qui reflète le travail quotidien des archives.

Enfin, le dernier volet met en avant la vision d’avenir et l’engagement continu en faveur de la conservation, de la diffusion et du service à la société. Les archives sont une institution vivante, en constante évolution, qui fait face à de nouveaux défis découlant des changements technologiques et des demandes croissantes d’accès à l’information. Aujourd’hui, les archives sont conçues comme des espaces culturels ouverts à la société, loin de l’idée d’institutions réservées exclusivement à certains spécialistes. De nombreux professionnels accomplissent un important travail de diffusion, essentiel pour rendre ces institutions visibles et les rapprocher efficacement de tous.

Cette exposition vise à contribuer à ce travail pédagogique et de vulgarisation du monde des archives, sans oublier l’engagement en faveur de l’accessibilité universelle et du droit d’accès à la culture pour tous. C’est pourquoi un effort particulier a été consacré à la conception d’un aménagement inclusif pour tous, ainsi qu’à l’introduction de ressources tactiles afin de rendre le contenu accessible aux personnes en situation de handicap visuel.

Commissariat de l’exposition

Le commissariat de l’exposition est assuré par Antonio Jesús Castell Ortega, technicien supérieur des archives à l’Archivo General de Indias.

Les Archives générales des Indes

Les Archives générales des Indes sont des archives d’État de référence au niveau national et international, riches de plus de trois siècles d’histoire, situées dans un bâtiment classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elles conservent des documents produits par les institutions chargées de l’administration des territoires d’outre-mer entre le XVIe et le XIXe siècle, ainsi que des archives privées de personnalités liées à ces territoires. Parmi leurs fonds figurent plusieurs documents reconnus comme Mémoire du monde par l’UNESCO.

Exposition « L’art de préserver la mémoire »
Du 17 mars au 15 juin 2026
Archivo General de Indias – Avenida de la Constitución, s/n – Sevilla

via https://www.cultura.gob.es/cultura/areas/archivos/mc/archivos/agi/exposiciones-y-actividades/exposiciones/elartedepreservarlamemoria.html