La bibliothèque d’Umberto Eco 

Décédé le 19 février 2016, le professeur Umberto Eco connaîtra une nouvelle vie. « Qui ne lit pas, à 70 ans, aura vécu une vie solitaire. Celui qui lit aura vécu 5000 ans. La lecture, c’est l’immortalité à rebours », écrivait-il. Au point même de se réjouir que l’on pirate ses livres, et qu’on puisse de la sorte les lire partout

Restait donc à savoir comment organiser cette succession et l’héritage de livres qu’il laissait. Au menu, la Bibliotheca semiologica curiosa, lunatica, magica et pneumatica, qui compte 1200 livres anciens, qui partira à la Bibliothèque nationale Braidense de Milan. Le reste sera donc confié à Bologne. 

Au terme de trois ans de négociations avec les héritiers de l’érudit italien Umberto Eco, auteur de nombreux essais universitaires sur la sémiotique dont il est le pionnier, l’Italie a récupéré la bibliothèque personnelle de l’intellectuel.

Immense amoureux des livres, l’écrivain auteur d’Au nom de la rose, son premier roman (1980), traduit dans 43 langues, avait rassemblé des dizaines de milliers d’ouvrages dans sa maison de Milan.
C’est sous l’œil d’un comité de pilotage composé de cinq membres, que les quelque 35.000 ouvrages sont répartis entre deux lieux. L’accord prévoit notamment que l’ordre original de la disposition des volumes, soit respectée.

L’Université de Bologne, où Umberto Eco a enseigné pendant plus de 40 ans et occupé la chaire de sémiotique, a recueilli les archives et la bibliothèque moderne. Ce précieux héritage accessible aux étudiants et aux chercheurs fera l’objet d’un grand projet d’étude. Ces livres qu’Umberto a lus, feuilletés, annotés, enrichis de ses fiches de lectures, « ces grands textes fondamentaux qui ont accompagnés son travail permettront de comprendre l’esprit de l’intellectuel », détaille Francesco Ubertini, doyen de l’Université de Bologne.

La Bibliothèque nationale de Brera, la Braidense à Milan, accueille quant à elle, la « Bibliotheca semiologica curiosa, lunatica, magica e pneumatica » composée des 1.200 volumes les plus anciens et les plus rares, antérieurs au 19ème siècle.

À l’occasion du documentaire Umberto Eco, Sulla memoria. Una conversazione in tre parti, en 2015, le réalisateur Davide Ferrario a eu accès au domicile d’Umberto Eco, et à sa bibliothèque personnelle. Un dédale de couloirs et d’étagères, et une caverne d’Ali Baba dont rêve chaque lecteur. On peut le suivre, en vidéo, ci-dessous : 

Via https://actualitte.com/article/98677/bibliophilie/l-italie-acquiert-les-30-000-ouvrages-de-la-bibliotheque-d-umberto-eco