Un 29 Février

Les années bissextiles se produisent en règle générale tous les quatre ans. Dans le calendrier grégorien (notre calendrier actuel), le calcul d’une année bissextile est en réalité plus compliqué. Il faut que l’année soit divisible par 4 mais non par 100, ou divisible par 400. Par exemple, 2016 divisé par 4 donne 506 et 2016 divisé par 100 donne 20,24 ; l’année est donc bissextile.

Mais 2100, qui devrait être une année bissextile selon la règle « tous les 4 ans », ne le sera pas. En effet, 2100 est divisible par 4 mais aussi par 100, ce qui l’exclue de la première possibilité de calcul. 2100 n’est pas contre pas divisible par 400, ce qui l’exclue également de la deuxième possibilité. Par contre, l’année 2000 fut bissextile car 2000 est divisible par 400.

En réalité, le bug de l’an 2000 n’a pas eu lieu le 1er janvier 2000, mais le 29 février 2000. Plusieurs systèmes informatiques n’avaient pas pris en compte que l’année 2000 était bissextile. Les ordinateurs de la police ont été temporairement bloqués en Bulgarie, les services météo japonais, le système d’archivage de messages des garde-côtes américains ou le service des taxes municipales de Montréal aussi, selon les archives de l’AFP. Le système informatique des horodateurs de Paris a dû être corrigé machine par machine, car il ne prévoyait pas de 29 février 2000.

L’intercalage d’un jour supplémentaire dans le calendrier sert à « rattraper » l’année solaire. Nos calendriers font en effet 365 jours, tandis qu’il faut 365 jours 5 heures et 48 minutes au Soleil pour revenir à la même position d’une saison à l’autre (par exemple du solstice d’été au solstice d’été suivant). Le 29 février sert donc à ce que nos calendriers restent le plus possible en phase avec le cycle astronomique.

Cette coïncidence est importante : sans rattrapage, la date calendaire d’une saison sera de plus en plus décalée avec la réalité. Le printemps « réel » arriverait avant le printemps du calendrier. La réforme du calendrier grégorien, voulu par le pape Grégoire XIII, servait d’ailleurs à éviter que la date de Pâques ne soit décalée du printemps réel.

L’origine des années bissextile remonte à l’époque romaine et au calendrier julien, mis en place par Jules César. À l’époque, le jour supplémentaire pour rétablir l’équilibre avec le Soleil était inséré après le 24 février, février étant le dernier mois de l’année. Or, le 24 février était nommé « sexto ante calendas martis » (le sixième avant les calendes de mars), explique l’institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE). Le jour supplémentaire était donc le « bisextus », littéralement « deux fois le sixième ». Ce calendrier est utilisé dans la majeure partie du monde occidental jusqu’en 1582. Il est ensuite remplacé progressivement par le calendrier grégorien, qui reprend le principe du jour intercalaire lors des années bissextiles en février (même s’il n’est plus le dernier mois de l’année).

La référence au Leap Day la plus célèbre de toute la culture pop : Tina Fey a créé toute une tradition autour du 29 février, en a fait un film de Jim Carrey, puis l’a intégrée dans un épisode de 30 Rock. L’épisode raconte l’histoire de Leap Day William, qui émerge tous les quatre ans de la fosse des Mariannes pour échanger des larmes d’enfants contre des bonbons.

Ou, si vous ne croyez pas à cette histoire d’origine mythique, le 29 février est jour supplémentaire pour manger de la rhubarbe et porter du jaune et du bleu. N’oubliez pas ! La vraie vie, c’est pour le mois de mars, et rien de ce qui se passe le 29 février ne compte.

Via https://www.la-croix.com/Sciences/Sciences/29-fevrier-annees-bissextiles-5-questions-2016-02-28-1200743117