Expo Animalia. Bestiaire de la collection Al Thani

Peu de gens parlent encore de la Collection Al-Thani, logée depuis octobre 2021 à l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde. Son arrivée (suivant la réouverture après bien des déboires de l’ancien Ministère de la Marine, transformé en musée) avait pourtant suscité de larges échos médiatiques. Pas toujours favorables du reste… Cousin germain de l’émir Qatar, le cheikh Hamad bin Abdullah Al Thani s’était approprié pour 20 ans contre un loyer considérable (près de 100’000 euros par mois) un demi-étage du célèbre bâtiment construit sous Louis XV par l’architecte Ange Jacques Gabriel. Un lieu de prestige que le prince a fait aménager de façon spectaculaire par le Japonais Tsuyoshi Tane.

Au fil des ans, la Collection a logiquement montré une partie de ses avoirs. Constitué avec des moyens presque illimités, cet ensemble comprend aujourd’hui environ 5000 objets. Il ne connaît aucune frontière dans l’espace et le temps. Ressortant presque toutes de ce que l’on appelle «les arts décoratifs», les œuvres vont des plus anciennes civilisations au XIXe siècle. Il n’y a en revanche ici quasi rien de contemporain.

Visible depuis le 1er juillet, l’actuel «Animalia» marque le retour au fonds propre. Responsable de la Collection, Amin Jaffer a choisi 120 pièces Al-Thani aussi diverses que possible. Toutes possèdent en commun de représenter des animaux, réels ou fabuleux. A l’origine totémique, la représentation de certaines bêtes lourdes de sens a envahi depuis longtemps les arts dits mineurs.

«Animalia» peut ainsi regrouper aujourd’hui les œuvres par familles. Il y a les cerfs, les chevaux, les lions, les oiseaux ou les taureaux. Leur rapprochement en apparence hétéroclite fait mieux sentir la diversité des pièces présentées. Elles vont d’un élément en jaspe rouge d’un jeu ayant appartenu à la pharaonne Hatshepsout aux babioles fabriquées par Fabergé vers 1900 pour la Cour de Russie. Le tout en passant par des bijoux précolombiens ou de l’argenterie néoélamite surchargée d’oiseaux créée entre 650 et 550 avant notre ère.

Statuette d’ours
Statuette d’ours, 206 av. JC – 25 apr. JC i Chine • dynastie des Han occidentaux • © The Al Thani Collection. All rights reserved / Photo Todd White Art Photography

Ours, tigre, crocodile, bélier, chevaux, dragons : la collection Al Thani nous entraîne dans son zoo particulier. Évoquant Charles Darwin, pour qui « l’amour pour toutes les créatures vivantes est le plus noble attribut de l’homme », l’hôtel de la Marine aborde cette éternelle fascination pour le règne animal.

Dans une scénographie qui mélange époques et civilisations, quelque 120 pièces réalisées par le génie humain rivalisent de raffinement.

La relation de l’homme à l’animal

À l’état sauvage, les animaux ont très tôt occupé une place particulière chez Homo sapiens, qui a gravé sur des objets en métal précieux ou a sculpté en jade, en cristal de roche, en pierres dures, précieuses ou non, des créatures réelles ou mythiques, les chargeant de toutes sortes de symboliques.

Les élites ont rapidement trouvé dans la faune environnante de puissantes illustrations de leur pouvoir. La sphère sacrée a aussi joué un rôle dans cette diffusion d’une riche iconographie consacrée aux animaux, considérés comme intercesseurs entre les humains et les dieux.

Du cheval aux créatures fantastiques

Occupant une place particulière dans cette relation entre homme et animal, le cheval se voit consacrer une salle entière. Symbole de la domestication amorcée au néolithique, il occupe une position privilégiée, attribut par excellence de la figure royale. En point final, les créatures fantastiques viennent souligner la puissance évocatrice de l’imaginaire et la faculté du cerveau humain à repousser les frontières du monde connu.

Animalia. Bestiaire de la Collection Al Thani
Du 1 juillet 2026 au 10 janvier 2027
Hôtel de la Marine • 2 Place de la Concorde • 75001 Paris
www.hotel-de-la-marine.paris

Via https://www.beauxarts.com/expos/a-lhotel-de-la-marine-le-splendide-bestiaire-de-la-collection-al-thani/