La mission archéologique d’Oxyrhynchus, menée par l’Institut d’études du Proche-Orient ancien (IPOA) de l’Université de Barcelone et dirigée par Maite Mascort et Esther Pons, a mis au jour un papyrus contenant un fragment de l’Iliade d’Homère dans une tombe romaine datant d’environ 1 600 ans, située dans la ville égyptienne d’Al-Bahnasa, l’antique Oxyrhynchus. Cette découverte est exceptionnelle : c’est la première fois dans l’histoire de l’archéologie qu’un texte littéraire grec est retrouvé incorporé intentionnellement au processus de momification.

À la fin de l’année 2025, l’équipe a mis la main sur une tombe dont la momie présentait un élément inhabituel : le papyrus placé sur l’abdomen. Si les archéologues avaient déjà constaté l’intégration d’écrits au processus d’embaumement, il ne s’agissait jamais de textes littéraires. « Ce n’est pas la première fois que nous découvrons des papyrus grecs, emballés, scellés et intégrés au processus de momification, mais jusqu’à présent, leur contenu était principalement magique », commente le professeur Ignasi-Xavier Adiego de l’Université de Barcelone.
Ce fragment de l’Iliade intégré au processus de momification est une grande première dans l’histoire de l’archéologie. « Il convient de noter que depuis la fin du XIXe siècle, un grand nombre de papyrus ont été mis au jour à Oxyrhynchus, dont des textes littéraires grecs d’une grande importance, mais la véritable nouveauté réside dans la découverte d’un papyrus littéraire en contexte funéraire », détaille Ignasi-Xavier Adiego. Au-delà de son aspect unique, cette trouvaille s’inscrit dans le cadre de la plus récente campagne de fouille au sein de la mission Oxyrhynchus, lancée en 1992.

Si les scientifiques ont été intrigués dès le départ par cette découverte, ce sont les analyses plus approfondies menées au début de l’année 2026 qui en ont révélé tous les secrets. Le papyrus a été identifié par la restauratrice Margalida Munar, la papyrologue Leah Mascia et Ignasi-Xavier Adiego, professeur au Département des langues classiques, romanes et sémitiques, philologue classique et directeur du projet Oxyrhynchus. Les expertes ont été en mesure d’affirmer que le texte appartient au catalogue des navires du Livre II de l’ »Iliade » d’Homère.