L’unité d’appui à la recherche InVisu (CNRS/INHA), dans le cadre de la pépinière de revues numériques DeVisu a conçu un guide d’écriture pour les textes alternatifs n édition numérque. Il doit permettre aux éditeurs et aux auteurs de comprendre la manière dont le sens des images peut être rendu accessible par l’écriture aux lecteurs malvoyants. Cette première ébauche a vocation a être remaniée, amendée et étendue – de la part des auteurs et du public. Toute remarque et proposition d’amendement peut etre adressée par courriel a pepiniere-devisu@inha.fr
Un texte alternatif est la description contextualisée d’une image, destinée à être lue par des logiciels de synthèse vocale, pour les personnes malvoyantes ou aveugles. Il existe plusieurs formats de textes alternatifs : court, long voire structuré.
Le format court est adapté au logiciel comme JAWS (Job Access With Speech) qui ne lit automatiquement que 145 caractères. Les usages sont donc relativement limités, et ne conviennent pas pour l’édition scientifique.
Le format long est adapté aux autres logiciels de lecture (eSpeak, Narrator, VoiceOver, Tanaguru…). Il n’y a pas de limite de taille, mais le texte se limite à une simple suite de caractères. C’est pour l’instant le format pris en charge par le logiciel de publications numériques Lodel, et donc OpenEdition.
Le format structurable peut comporter une mise en page (paragraphes, listes, tableaux…) ainsi que des graphies différentes (italiques, gras, exposants…), qui aident à la compréhension. Bien qu’il s’agisse du format idéal et recommandé par les spécialistes, il n’existe pas actuellement de plateforme dans l’édition scientifique publique qui les prenne en charge.
Par exempe, dans le cas d’un article scientifique, l’image fait partie du propos de l’auteur (à la différence d’une description patrimoniale). Il faut donc en orienter la description selon plusieurs paramètres relatifs au contexte : la description d’une même image sera variable. Il faut d’abord d’objectiver ces paramètres.
La première étape est d’identifier le rôle de l’image dans son environnement, quelles sont les informations nouvelles qu’elle apporte, et quelles sont les informations déjà connues sur lesquelles la description peut se fonder (en prenant en compte tant le corps de l’article que la légende elle-même). Il faut isoler le sens de la présence de l’image à cet endroit et le restituer. La description peut donc se baser sur les noms, les dates, les lieux du texte environnant et ne pas les répéter comme si elle les introduisait. En conséquence, une image introductive devra être plus précisément décrite si elle est la base du texte qui suit ; mais très succinctement si elle n’est qu’une image d’accroche.
Il faut ensuite identifier le lectorat (âge, niveau d’expertise). Dans le cas d’une publication scientifique, on part du principe que le lectorat est déjà avisé et l’on peut employer des notions et du vocabulaire complexes.
Le ton de la description doit être en phase avec celui du texte. Maintenir le ton du texte ne signifie pas une neutralité absolue, mais plutôt d’identifier comment l’image peut être décrite de façon neutre par rapport à son environnement. Une image destinée non seulement à appuyer un propos, mais aussi à transmettre une atmosphère ou une émotion, peut très bien être décrite à l’aide de termes esthétisants, toute proportion gardée. En revanche, il faut veiller à conserver un même ton dans l’ensemble de la publication.
Exemples:

Texte alternatif : Reproduction de la double page d’un imprimé in-quarto en moyen français. La première page commence par un en-tête en italique, et le texte commence par une grande lettrine carrée : le « H » de Henry.

Texte alternatif : Gravure, noir et blanc. Dans un intérieur populaire, éclairé par une seule lampe posée au milieu de la table centrale, un homme en blouse, barbu et en colère vient visiblement de faire irruption. La famille l’écoute apeurée. Une vieille dame tente de le calmer. Une femme avec un nourrisson dans les bras esquisse un recule. A l’opposé, un homme bien habillé reste assis fermement, un enfant dans les bras.
Guide d’écriture: https://devisu.inha.fr/297