En 2015, les mausolées de Tombouctou sont de nouveau debout, trois ans seulement après avoir été abattus à coups de pioche. Ces édifices, qui servent aux musulmans de tradition soufie à honorer leurs saints, avaient été réduits en poussière en 2012 par des groupes djihadistes, farouchement opposés à ces rituels. Heureusement, l’histoire ne s’est pas arrêtée là…
Avec quatorze mausolées classés au patrimoine mondial de l’UNESCO et plus de 4000 manuscrits disparus, le choc est immense.

Mais rapidement, la résistance s’organise. Pour la première fois, les responsables de ces attaques sont condamnés pour « crimes de guerre » lors d’un procès international inédit : une avancée majeure pour la protection du patrimoine. Sur demande du gouvernement malien, la France et l’UNESCO élaborent un plan de reconstruction. Experts, forces militaires et population locale s’associent pour mener à bien ce projet.
Pendant trois ans, ce chantier titanesque mobilise ainsi le savoir-faire ancestral de 72 maçons et 300 artisans, ainsi que l’expertise d’architectes et d’archéologues.
Le but : restaurer les édifices dans les règles de l’art, en respectant les techniques traditionnelles pour préserver leur authenticité.
De cette façon,les travaux deviennent bien plus qu’une simple réparation. Ils permettent en effet de recueillir des informations sur l’architecture en terre crue, de dresser un inventaire des traditions liées aux lieux de culte, et même de former de jeunes maçons pour qu’ils entretiennent ensuite les édifices.

Le projet est une telle réussite que bientôt, en Irak, en Syrie ou encore au Népal, on s’en inspire pour reconstruire les monuments abîmés. C’est que ces reconstructions ne sont pas que matérielles : elles réparent aussi des sociétés meurtries par la guerre et les aident à se réapproprier leur culture et leur identité…
